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A propos Comleon

François Abraham, trad. a., traducteur et confondateur de Communications Léon inc. François Abraham, C. Tr., translator and co-founder of Communications Léon inc.

OTTIAQ : un urgent besoin de modernisation

L’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ) fête ses 25 ans. L’heure est certainement aux réjouissances, mais c’est aussi le bon moment pour dresser un état de sa situation. Et le bilan est plutôt mitigé. Bien qu’il soit d’une grande utilité pour la population et les langagiers du Québec et du Canada[1], il demeure peu connu du public qu’il a pour mission de protéger et peine depuis quelque temps à suivre l’évolution de cette société qu’il est censé servir.

La cause en est principalement la difficulté qu’éprouve l’Ordre à concrétiser deux de ses louables valeurs : le professionnalisme et le leadership. Mais aussi ses sérieuses lacunes en matière de transparence, autre qualité essentielle à tout organisme moderne.

Professionnalisme
Comme tous les ordres professionnels, l’OTTIAQ est soumis à des règles et des principes rigoureux et clairs, qui devraient lui assurer un certain professionnalisme. Et c’est le cas en ce qui concerne la gestion et le fonctionnement au quotidien.

Par contre, c’est beaucoup plus difficile sur le plan de la vision et des décisions de grande envergure, au point où on a du mal aujourd’hui à reconnaître l’organisme avisé qu’il a longtemps été.

Pensons, par exemple, à certaines décisions financières pour le moins « surprenantes » prises ces dernières années. On peut s’interroger sur la hausse de plus de 20 % de la masse salariale entre 2014-2015 et 2015-2016[2], principalement pour une embauche de personnel dont on attend encore les résultats. De même, il est légitime de douter de la pertinence de se lancer dans une campagne publicitaire qui aura englouti en deux ans l’équivalent de 40 % du budget annuel de l’OTTIAQ dans un médium totalement inadéquat et surtout, sans objectifs de retombées mesurables, une aberration en gestion professionnelle.

Mais que dire de ce qui devait être le point d’orgue de la réorganisation de la gouvernance entreprise il y a trois ans, soit le recrutement du président-directeur général. Certes, le Conseil d’administration a fini par doter ce poste, mais que le processus aura été laborieux! Neuf mois de tâtonnement et d’improvisation pour arriver à ses fins, on ne peut pas parler d’efficacité redoutable. Et ne parlons pas de l’opacité totale dans laquelle le tout s’est déroulé…

Une bonne partie du problème découle du fonctionnement du Conseil d’administration (CA). Le Code des professions, qui régit les ordres professionnels, accorde au CA une importance considérable et donc d’immenses responsabilités à chacun de ses membres. Malheureusement, si leur dévouement et leur intelligence ne font aucun doute, les administrateurs de l’OTTIAQ sont trop mal outillés et parfois trop mal dirigés pour bien assumer ces responsabilités. Peut-être manquent-ils aussi occasionnellement de vigilance.

Leadership et ouverture
Assumer un leadership, c’est tout d’abord faire preuve de vision, c’est-à-dire savoir pressentir l’avenir et se donner les moyens d’influer dessus. Et pour cela, il faut bien comprendre sa raison d’être et le contexte particulier dans lequel on évolue.

Comme pour tout ordre professionnel, la mission première de l’OTTIAQ est la protection du public[3]. Or, il existe différentes façons d’assurer cette mission et de la faire valoir. On peut, comme le fait actuellement l’Ordre, insister sur la loi et la réglementation; c’est la façon la plus étriquée et la moins imaginative. De plus, le dogmatisme sclérose et a un effet dissuasif sur les sympathisants et les adhérents potentiels, et particulièrement sur les jeunes. N’oublions pas que l’époque est à la remise en question des institutions et de leur rigidité!

Mais il est aussi possible de choisir la voie du bien-être de ses membres. Par exemple, en cherchant à agir sur les phénomènes sociétaux et commerciaux qui nuisent à la pratique des langagiers[4], l’OTTIAQ peut améliorer les conditions de travail de ces mêmes langagiers et donc, la qualité du service qu’ils rendent à la population.

Cependant, toute ambition de protection est vaine si on ne connaît pas celles et ceux qu’on est censé protéger. Il est donc nécessaire de s’en rapprocher. Or, l’OTTIAQ a choisi la stratégie exactement inverse : il s’est recroquevillé dans sa zone de confort, se crispant sur le domaine langagier.

Une tendance est symptomatique de ce choix : l’énorme énergie consacrée à un élément totalement secondaire pour la protection du public et l’influence sur l’avenir des professions, soit l’adhésion de l’OTTIAQ à la Fédération internationale des traducteurs (FIT). Certes, il est toujours utile de se tenir près de ses amis, mais cela ne doit pas se faire au détriment des dossiers cruciaux ayant un impact direct sur ses professions, ses membres et la population.

On ne peut pas faire preuve de leadership quand on se replie sur soi. Pourtant, si l’on en juge le (maigre[5]) compte rendu qui nous a été fait à l’assemblée générale de juin 2017, la récente planification stratégique triennale ne brille pas par son ambition et son originalité au chapitre de l’ouverture; pas plus à l’égard des non-membres que des membres.

Il ne faut pas hésiter à s’ouvrir aux autres; dans le cas de l’OTTIAQ, aux non-langagiers – le fameux « public ». Mais également aux langagiers non membres, car s’il veut mener à bien sa mission et garantir son avenir à long terme, l’Ordre doit accroître son effectif. Et pour cela, il est impératif qu’il choisisse désormais la voie de la séduction et abandonne, entre autres, cette attitude condescendante consistant à considérer les non-adhérents comme des gens « dans l’erreur » pour les percevoir plutôt comme des alliés et des membres en devenir. La stratégie de l’ouverture et de la main tendue est un outil puissant. Dans le cas d’un organisme auquel l’adhésion n’est pas obligatoire, c’est même le seul qui puisse se révéler efficace à long terme.

Transparence
Mais il y a un secteur dans lequel l’OTTIAQ se révèle particulièrement faible : la transparence au bénéfice de ses membres. Il est extrêmement surprenant de voir un organisme comptant quatre personnes chargées de communication échanger aussi peu avec sa base.

Pourtant, plusieurs changements appellent à une transparence accrue :

  1. La PDG possède aujourd’hui des responsabilités comme jamais personne n’en a eues à l’Ordre jusqu’ici;
  2. Le nombre de déplacements à l’étranger des porte-parole de l’Ordre a considérablement augmenté. Il serait intéressant pour les membres – qui financent ces voyages – de savoir ce qu’ils y font, autre que d’assumer le mandat largement flou de « représenter l’OTTIAQ », et surtout ce qu’ils en rapportent[6];
  3. Comme les administrateurs sont deux fois moins nombreux qu’ils l’étaient il y a encore deux ans, les membres ont désormais deux fois moins de possibilités de peser sur les décisions et de participer à l’orientation de l’Ordre.

Il faut dire que les dirigeants de l’Ordre se méprennent sur leurs devoirs en matière de reddition de comptes aux membres : ils croient trop souvent que ces devoirs se limitent aux rares et restrictives dispositions du Code des professions sur le sujet. Or, ils ont aussi dans ce domaine des obligations morales. Ne serait-ce que parce que les membres sont les principaux bailleurs de fonds de l’Ordre.

Ils ne peuvent pas se contenter de quelques lignes épisodiques dans l’Antenne express et de deux malheureuses heures dans l’année à l’occasion de l’assemblée générale (AG). Il est d’ailleurs regrettable qu’ils se félicitent quand l’assemblée a été courte. L’AG est le seul exercice de reddition de comptes officiel de l’Ordre; elle devrait être un événement auquel les membres se pressent. Une multitude d’organismes l’ont compris et redoublent d’efforts et d’imagination pour favoriser la participation. Pas l’OTTIAQ.

Avenir et solutions
Étant donné les défis auxquels font face l’Ordre lui-même, mais aussi la traduction, la terminologie et l’interprétation, ces faiblesses sont préoccupantes. Or jamais dans leur histoire les langagiers, mais aussi la population, n’ont eu autant besoin d’un organisme de son ampleur et de son importance. Heureusement, il existe plusieurs solutions susceptibles de corriger les lacunes exposées dans cet article :

  • Mettre sur pied un programme rigoureux de formation des administrateurs, notamment – mais pas seulement – en matière financière.
  • Mettre en place un plan de relève au CA, qui permettrait de déceler au sein du Conseil comme de l’OTTIAQ dans son ensemble les personnes aptes à prendre la présidence – et désireuses de le faire – et leur apporter le soutien nécessaire pour y parvenir. Ceci afin d’assurer diversité et ouverture.
  • Exiger une délimitation claire des responsabilités de porte-parole entre le président du Conseil d’administration et la présidente-directrice générale.
  • Soumettre tous les comités – planification stratégique comprise – à un processus ouvert à l’ensemble des membres.
  • Adopter pour la planification stratégique des principes directeurs s’inspirant des bonnes pratiques. Par exemple, instaurer la recherche d’information de sources extérieures au milieu langagier.
  • Concevoir un plan de marketing destiné à informer et à séduire a) les étudiants et les praticiens non membres; b) les autres intervenants du milieu langagier (clients, clients potentiels, autres organismes); et c) le public (en allant véritablement à sa rencontre).
  • Adopter une politique de reddition de comptes fondée non pas sur des principes dépassés, mais sur des concepts modernes d’éthique et de transparence. Cette politique obligerait, notamment, les porte-parole à se déplacer en vertu d’un mandat clair (mais pas obligatoirement détaillé) et à rendre des comptes de ce qu’ils ont fait à l’ensemble des membres (par l’Antenne express, par exemple).

Il est temps que les membres et les autres langagiers réinvestissent l’OTTIAQ pour y insuffler les valeurs caractéristiques de la modernité : transparence, ouverture aux autres, esprit de collaboration et vision. Ce n’est qu’ainsi qu’ils garantiront son avenir à long terme et feront en sorte qu’il ne soit pas l’Ordre d’une seule génération.

 

[1] Le Québec est le chef de file en matière de traduction au Canada et l’OTTIAQ regroupe 60 % des traducteurs canadiens membres d’associations professionnelles d’un océan à l’autre.

[2] Rappelons que la masse salariale est une dépense incompressible qui augmente déjà naturellement chaque année, contrairement aux revenus qui, à l’Ordre, sont soumis à divers aléas. Une hausse élevée de la masse salariale peut cependant se justifier si elle s’accompagne d’effets positifs tangibles.

[3] Les ordres professionnels ont à l’origine une vocation sociale, puisqu’ils visent à éclairer la population sur les éléments complexes des professions qu’ils représentent et à la protéger contre les charlatans.

[4] Par exemple, l’amateurisation de la profession due au crowdsourcing mal pensé ou la tendance des entreprises et des gouvernements à confier de plus en plus leurs traductions à des multinationales peu soucieuses de qualité et de confidentialité.

[5] Cet exercice, le plus important pour l’avenir de l’OTTIAQ, a fait l’objet d’un exposé d’à peine deux minutes!

[6] N’oublions pas que la première mission de l’OTTIAQ est de protéger le public québécois. À ce titre, il est étonnant de noter qu’à la fois le président du conseil d’administration et la PDG se sont rendus au congrès de la FIT à Brisbane (Australie) en août dernier. Plus de deux mois après, l’Antenne express, le bulletin hebdomadaire d’information de l’OTTIAQ, n’a toujours pas fait mention de ce qui s’y est passé.

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Le traducteur-conseil : Une voie d’avenir pour la traduction

L’article qui suit est un résumé de la présentation que j’ai faite au IXe Colloque sur la traduction, l’interprétation et la terminologie, qui s’est déroulé du 9 au 11 décembre 2014 à La Havane, à Cuba.

Introduction
L’environnement dans lequel s’effectue la traduction est depuis plusieurs années en profonde mutation. En effet, plusieurs phénomènes – popularisation des applications de traduction automatique gratuites, multiplication de l’offre de services de traduction machine, compression des délais ou encore concentration du marché entre les mains de méga entreprises – sont en train de modifier de manière irréversible le travail des traducteurs.

S’ils veulent faire face à cette transformation, les langagiers se voient donc dans l’obligation d’adapter leur pratique et de modifier la façon dont ils se présentent à leurs clients[1] et clients potentiels. Le conseil est une avenue prometteuse à cet égard.

Ce concept fait d’ailleurs déjà partie de la boîte à outils de professionnels comme les avocats, les dentistes, les comptables professionnels agréés ou les pharmaciens. En traduction, des cabinets et certains fournisseurs de services connexes ont bien compris la plus-value que le conseil apporte et l’offrent déjà. Cependant, le mouvement ne s’est pas encore amorcé à l’échelle individuelle.

Repenser la manière d’aborder la traduction
Inclure dans sa pratique le conseil comme complément au transfert linguistique oblige à concevoir différemment sa profession, quitte à en bousculer au passage certains réflexes.

Les experts n’hésitent pas à affirmer qu’en conseil, il faut se concentrer d’abord sur la relation, avant de se concentrer sur le produit. En traduction, cela signifie que la priorité ne doit pas aller au document, mais au client. La raison en est fort simple : c’est dans l’établissement de la relation que le traducteur instaure la confiance chez ce dernier et assoit sa crédibilité.

Car le conseil est avant tout une interaction humaine. Il est donc primordial de faire preuve d’empathie. Le traducteur doit se mettre dans les souliers du client. Il constatera ainsi les contraintes, parfois conflictuelles, auxquels celui-ci est lui-même soumis, des contraintes dont le conseiller devra tenir compte.

Le conseiller en traduction doit également être à l’aise avec un résultat imparfait, car l’imperfection est le propre de l’interaction humaine. Quand un conseil a du mal à être accepté, le traducteur a intérêt à reconnaître le moment où rendre les armes pour ne pas indisposer son client. Il en va de la santé de la relation comme de celle du langagier!

Enfin, il faut savoir lâcher prise. Si le rôle du conseiller en traduction est de formuler des recommandations et d’inciter son client à les appliquer, c’est à ce dernier que revient la décision de les adopter ou pas. Et c’est aussi lui qui assumera les conséquences d’un document erroné, le cas échéant. Le traducteur doit se rappeler qu’il s’agit du document du client, il ne devrait pas se l’approprier.

Élargir ses champs d’intervention
Proposer des services de conseil en traduction, c’est sortir du cadre strict du transfert linguistique et intervenir également dans cinq domaines[2] :

Information, sensibilisation, explication
Pour être considéré comme l’expert qu’il est, le conseiller doit être capable de faire valoir ses compétences et son expérience, d’informer le client des services qu’il peut rendre et de lui donner les moyens de les apprécier. Une grande partie de son rôle consiste donc à expliquer.

Gestion de projet
Le conseiller cherche à entrer en jeu dès la planification de la production documentaire, pour que celle-ci tienne compte de la traduction ultérieure (variation de l’espace nécessaire au texte selon la langue, modification des images, contraintes de l’adaptation locale, etc.).

Il est également la personne la mieux placée pour définir les exigences – linguistiques, organisationnelles, techniques – et les modalités de suivi et de reddition de comptes des projets de traduction.

Travail linguistique
Le conseiller intervient sur le texte de départ en soulignant les éventuels coquilles, incohérences et défauts d’uniformité. Il relève aussi le manque de cohérence du document avec d’autres documents du client ou de l’entreprise qu’il a ou non traduits.

En outre, il formule des recommandations en matière de communication pour que le message ultime soit bien compris et retenu par son destinataire. Pour cela, il applique les principes d’une communication efficace, que ce soit sur le plan de la rédaction ou sur celui de la structuration du texte. Cette fonction est d’autant plus cruciale que le traducteur est souvent le seul spécialiste de la langue à intervenir dans la production des documents bilingues ou multilingues.

Conseils technologiques
La technologie faisant désormais intégralement partie de la traduction, le conseiller informe ses clients sur le véritable rôle des outils de traduction assistée par ordinateur (TAO) et formule des recommandations sur leur utilisation, s’il y a lieu.

Responsabilité professionnelle
Pour asseoir sa crédibilité, le conseiller assume entièrement sa responsabilité professionnelle face à son travail, quelle que soit l’utilisation qui en est faite ultérieurement.

Enfin, il garantit la sécurité et la confidentialité des données de son client, tant lors de la transmission que lors de l’archivage et n’hésite pas à sensibiliser le client à ces sujets lorsqu’il le juge nécessaire.

Offrir des solutions
Sur le plan strictement pratique, si les clients font appel à des traducteurs, c’est qu’ils ont un problème à régler. La tâche essentielle du conseiller est donc de fournir des solutions, un processus qui comporte généralement quatre étapes :

  1. Aider le client à préciser ses besoins. Pour cela, le conseiller posera des questions judicieuses afin de bien déterminer toutes les dimensions du projet;
  2. Déceler les besoins non exprimés et les problèmes possibles. Un des rôles essentiels du spécialiste et d’aller au-delà des besoins évidents et de prévoir les embûches, car il est le seul en mesure de le faire;
  3. Analyser les besoins et proposer des solutions;
  4. Mettre en pratique les solutions avec le client. Pour que le client les accepte, les adopte et les répète, il doit absolument participer à leur implantation.

Développer des compétences annexes
En raison de l’étendue de son champ d’application, le conseil en traduction requiert le développement – ou parfois l’acquisition – de compétences annexes à la traduction. Pour assumer ce rôle, le traducteur devra donc régulièrement se former dans des domaines souvent variés.

En raison de l’importance de la relation et de la nécessité de communiquer et d’expliquer, le conseiller aura besoin d’améliorer ses aptitudes à la communication. Il lui sera également nécessaire de maîtriser une nouvelle langue : la langue du client. C’est-à-dire parler la langue des comptables, des gestionnaires ou des ingénieurs, par exemple, afin de s’exprimer d’une façon qui aura un effet sur son interlocuteur.

Le conseiller ne pourra pas non plus intervenir efficacement sans certaines connaissances en gestion, notamment en gestion de projet. Ces compétences lui seront particulièrement utiles s’il veut offrir des projets clés en main, mais également pour pallier certaines déficiences en la matière qui pourraient apparaître chez son client.

De même, il gagnera à maîtriser les outils de traduction assistée par ordinateur (TAO), que ce soit pour les exploiter plus complètement – par exemple, utiliser leur module de gestion – ou pour savoir bien en expliquer les limites.

Enfin, pour mettre en valeur ses compétences, le conseiller en traduction aura besoin de cultiver le leadership inhérent à tout spécialiste.

Conclusion
Le rôle-conseil n’est pas véritablement un nouveau métier. C’est une fonction que nombre de traducteurs exercent déjà – quoiqu’à des degrés divers – et que cet article cherche à mieux définir, à structurer et à étoffer.

Le conseil en traduction offre aux traducteurs une formidable occasion d’affirmer qu’ils sont des professionnels maîtrisant l’ensemble des composantes de leur domaine. Que loin d’être de simples exécutants, des sortes de techniciens du transfert linguistique qui appliquent des règles toutes faites – et qui sont donc remplaçables par une machine –, ils sont des concepteurs de solutions, des références.

Il ne reste plus maintenant aux langagiers qu’à s’approprier et à promouvoir ce rôle!

[1] Pour les fins de cet article, j’entends aussi par « client » l’employeur d’un traducteur salarié et, lorsqu’il est question de sensibilisation, ses collègues non langagiers et le grand public.

[2] Ces domaines d’intervention et leur explication sont en grande partie tirés de la conférence donnée en 2009 par Réal Paquette, trad. a., et accessible sur la Formathèque, la plate-forme de formation électronique de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ). J’en profite pour le remercier d’avoir établi les grandes lignes du rôle que je développe ici.

Intervenir dans les groupes de discussion LinkedIn

Comme son nom l’indique, un groupe de discussion est fait pour échanger. Dans LinkedIn, il s’agit d’une fonctionnalité puissante qui, si elle est bien utilisée, permet de faire avancer la connaissance sur un sujet donné, ou au moins, de mener des débats intéressants.

Comme pour tout groupe, la pérennité et l’essor d’un groupe de discussion LinkedIn dépendent de la participation de ses membres. Il faut d’ailleurs rappeler que l’interactivité et la collaboration sont deux des principes essentiels des médias sociaux. On n’est pas membre d’un groupe uniquement pour recueillir de l’information; il faut participer à sa vie. Lire la suite

Marketing 2.0 pour langagiers

Voici une courte présentation que j’ai effectuée au tout premier congrès de l’Association des travailleurs autonomes et micro-entreprises en services linguistiques (ATAMESL), qui s’est déroulé les 25 et 26 mai 2013 et qui avait pour thème « Travailler à son compte : mine d’or… ou champ de mines? ».

Si, comme le nom de l’Association le laisse penser, cet exposé était principalement destiné aux travailleurs indépendants, il est loin de s’adresser exclusivement aux spécialistes de la langue. Lire la suite

L’importance de fixer des limites

Je suis récemment tombé sur Les grandes marées, une jolie fable de Jacques Poulin parue en 1995 chez Leméac. Elle raconte l’histoire d’un traducteur taciturne employé d’un quotidien, à qui son patron propose de s’installer dans une île déserte qu’il possède sur le Saint-Laurent afin d’y traduire des bandes dessinées destinées au journal.

Au début, le traducteur solitaire mène une vie paisible et routinière entre ses traductions, auxquelles il apporte beaucoup de soin, et ses exercices quotidiens et disciplinés de tennis. Mais le patron se met un jour à amener une série de drôles de personnages qui, en plus de nuire à la concentration du traducteur, lui feront peu à peu perdre de sa qualité de vie. En effet, à chaque arrivée, il a un peu moins de temps pour travailler et doit se retrancher dans un espace de plus en plus exigu et spartiate. Lire la suite

Automated Translation (part IV and last)

I was fortunate enough to attend a demonstration of Portage, the statistical automatic translation project led by the National Research Council of Canada, and I was genuinely surprised by what I saw. Even if the translations weren’t directly publishable, they were a long way from the pitiful results arrived at a few years ago.

However, this initiative is not quite representative of what an automatic translation program can do, since it benefitted from highly favourable conditions.

In the previous post, we examined the criteria for producing a high-quality automated translation. Let’s now look at how things work in less ideal situations. Lire la suite

Médias sociaux et traducteurs

Les médias sociaux sont une mine d’or pour les traducteurs, terminologues, interprètes, linguistes et autres langagiers. Gratuits, ou peu coûteux, ils constituent un formidable moyen de promotion de son travail, de ses compétences et de son expertise, bref de valorisation. De plus, ils sont une source virtuellement sans limites de connaissances.

Comme il s’agit d’outils encore très récents, peu de personnes en dehors des enthousiastes de la première heure – les adopteurs précoces, pour employer un néologisme qui remplace avantageusement early adopters – savent réellement comment bien s’en servir. En fait, je dirais même que justement, comme ce sont les enthousiastes qui les maîtrisent, la réflexion approfondie sur leur utilisation n’a pas encore commencé.

C’est dans ce contexte que l’Association des conseils en gestion linguistique (ACGL), qui regroupe les responsables de services linguistiques du Québec, m’a invité à effectuer une présentation sur le sujet. Lire la suite